La relecture de cette fameuse enquête sur l'assassinat de citoyen-ne-s par des agents de la paix et disponible sur le blogue d'Arwen m'a fait réaliser qu'il y a une constante troublante dans plusieurs cas étudiés: un grand nombre d'hommes armés de couteaux foncent sans raison sur des policiers les tenant en joue avec un revolver avant d'être abattus par un nombre incroyable de balles.
C'est presque toujours le même schéma. Jamais ils ne restent à une certaine distance en hurlant: "N'approchez pas!". Ils ne font pas quelques pas en avant simplement pour les menacer. Ils FONCENT littéralement, à toute vitesse et d'une manière complètement illogique sur les braves policiers qui craignent alors pour leur vie et qui tirent pour tuer.
Dans plusieurs cas, même, un homme qui, s'enfuyant dans un premier temps après avoir commis un vol, fait volte-face et se jette avec un couteau sur un agent qui le tient en joue. C'est ce qui est arrivé entre autres lors de l'assassinat de Jorge Chavarria-Reyes, qui avait volé en 1990 du pain, de la viande et des oeufs. Idem pour Vianney Charest, qui avait cambriolé ses employeurs en 2007.
C'est toujours la même histoire, et ça arrive au moins deux fois par année. Il y a quelque chose qui cloche là-dedans.
lundi 2 novembre 2009
Comment les policiers justifient un meurtre.
samedi 31 octobre 2009
Personne ne veut d'une enquête publique...
... Sauf 80% des Québécois-e-s. Et il n'y aura pas d'enquête publique, parce qu'il n'y a personne pour faire pression sur le gouvernement. Les syndicats corporatistes refusent (la CSN refuse un peu moins fort, mais bon). Les entreprises sont tout sauf intéressées. Les médias hésitent. Le pouvoir étatique, quant à lui, n'accepterait pas facilement qu'on fasse une enquête sur sa propre corruption. Ce serait l'effondrement de sa crédibilité.
Si les gens veulent une enquête publique, il faut qu'ils aillent au front, qu'ils se battent. Les Villanueva (dans le sens le plus large) se sont battu-e-s pour une enquête publique. Leur combat a sans aucun doute renforcé la neutralité vacillante des magistrats.
Je voulais organiser quelque chose la semaine dernière, mais je me suis rendu compte que mon réseau était éparpillé en Suisse, en Amérique latine et Italie. Connaissez-vous un collectif qui s'est formé pour répondre par la bouche de nos canons aux puissant-e-s? S'il y en a pas, je suis prêt à en former un avec des intéressé-e-s, de préférence à Montréal[1].
***
Richard Bergeron se rapproche dangereusement des deux autres candidat-e-s à la mairie, si on tient compte des intentions de vote. J'ai entendu dire que les partisan-e-s les plus progressistes de Harel ont peur que Tremblay se faufile entre Bergeron et l'ancienne péquiste. "Un vote pour Bergeron, c'est un vote pour Tremblay." Cette expression mal vieillie devrait être renouvelée. Je propose: "Un vote pour Harel ou Tremblay, c'est un vote pour la mafia." D'ailleurs, parmi les trois candidat-e-s, il y en a un seul qui n'a pas demandé la protection de la police par peur... du peuple.
L'attaque répétée des médias contre Bergeron, comme quoi ce serait un théoricien du complot, commence à me faire perdre mon calme. Foglia a dit que les gens qui croyaient à une inside job étaient des imbéciles (au mieux). Ce matin, il le répète en s'appuyant sur l'autorité des autres journalistes "de tous les grands médias occidentaux". Pas très convaincant comme appel, quand on connaît la manière avec laquelle l'information est traitée par ces mêmes journalistes. C'est quand même étonnant de voir Foglia s'appuyer sur ses collègues, lui qui ne se gêne jamais pour afficher un caractère pseudo-révolté de gamin attardé. Le voir se moquer de Bergeron avec les autres langues sales, incapable de trouver un angle original à la situation[2], me donne l'impression qu'il est resté malgré tout un enfant de choeur qui se masturbe de temps en temps dans le jubé. Donnez-nous aujourd'hui, notre feuille de choux quotidienne... Qu'il avale donc ses salades tout seul.
Je ne crois pas à la théorie du complot, et je ne voterai pas pour Bergeron, mais je trouve que la critique mainstream à laquelle fait face Projet Montréal manque réellement de contenu.
_____
[1] Xavier Dionne, de l'UQÀM, a écrit l'autre jour un fort intéressant texte qui va à peu près dans le même sens que moi. Je me sens tout à coup moins seul.
[2] La stratégie habituelle des populistes est de compter sur un ou deux arguments seulement, qui seront généralement relativement insignifiants et/ou tordus. Ce ne sera pas "Avec moi vous ne mourrez plus de faim", mais plutôt "Mon adversaire est un athée pédophile qui a mangé ses enfants en riant". Peu importe la réponse mesurée et cohérente dudit adversaire, on continuera à matraquer sans cesse la même chose, sans même prendre la peine de contreréfuter la défense.
Théoricien du complot.
Théoricien du complot.
Théoricien du complot.
Théoricien du complot.
Théoricien du complot.
C'est ce qui se passe présentement et dans la plupart des campagnes électorales. On répète inlassablement la même connerie jusqu'à ce qu'elle se soit enracinée profondément dans les cerveaux des électeurs et électrices, malgré leur esprit critique, malgré leur méfiance. C'est du conditionnement mental et ça marche très bien. Des histoires racontent que des gens se sont conditionnés à avoir un orgasme au son d'une clochette...
mercredi 28 octobre 2009
A.
Ça commence et c'est mal parti. J'ai changé d'idée, et j'ai décidé de me faire vacciner le plus tôt possible (en décembre...) parce que l'anticipation des prophètes de malheur semblent se vérifier, pour une fois. Même si je ne suis pas à risque personnellement (je suis en rédaction à la maîtrise, si c'est le bordel j'emprunte quelques livres et je m'enterre dans ma chambre jusqu'à temps que ça passe), je suis du genre à attrapper tous les virus qui passent et comme mes colocs (des fumeurs qui boivent beaucoup d'alcool) sont très à risque et m'ont traité de maniaque parce que j'avais acheté du softsoap antibactérien - même pas du gel antiseptique! - je ne veux pas être exposé aux cochonneries que leur insouciance ramènera dans notre appartement (qui accessoirement est de la taille d'un module de station spatiale, sans être plus aéré).
Ma première idée était de compter sur la psychose pour m'en sortir. C'était bien parti, les médias ont tellement fait un cas avec le AH1N1 que je me suis dit que me faire vacciner était une précaution inutile, alors que 99% de la très anxieuse et docile population serait de toute façon protégée.
J'ai changé d'idée quand l'autre jour, dans un wagon bondé du métro, j'ai vu un CRÉTIN tousser à pleins poumons sans protéger ses voisin-e-s à l'aide du creux de son coude, étendant des bactéries quinze kilomètres à la ronde. J'ai changé d'idée quand j'ai vu quelqu'un qui venait de se moucher s'essuyer la main contre un poteau sur la ligne orange.
Je ne crois pas que le vaccin soit la meilleure manière de combattre une pandémie. Mais un conspirationnisme dénué d'instinct de survie non plus. Selon moi, l'hygiène et le civisme sont les deux meilleures manières de combattre une telle maladie. Et justement, c'est l'incapacité de la collectivité à faire preuve d'intelligence devant ce phénomène mondial qui m'a convaincu de me faire vacciner au plus maudit. Bref, ce n'est pas contre le virus que je veux être protégé en me faisant vacciner, c'est contre VOUS!
LA VENGEANCE DES PORCS
Vous cherchez un responsable à la pandémie et au décès des écoliers? Vous avez envie de vous laisser séduire par les théories qui rendent responsables des laboratoires d'entreprises pharmaceutiques? Regardez plutôt dans votre maudite assiette. Plusieurs grippes dangereuses ont une origine animale et se déclarent dans les zones d'élevage industriel.
samedi 24 octobre 2009
Pourquoi on organise pas une manif contre la corruption?
Personne y a encore pensé? Il me semble que le climat, la frustration et le cynisme mériteraient une réaction proactive. Nous pourrions la tenir la veille ou le lendemain des élections et en profiter pour tout casser (casser les idées reçues et l'immobilisme, bien entendu).
jeudi 22 octobre 2009
L'effigie de Bush massacrée
Voilà un petit vidéo de défoulement que je viens de créer pour souligner le passage de Bush à Montréal. Je l'avais téléchargée sur Youtube, mais la politique de droits d'auteurs du site web a décidé que la trame sonore était une violation de je-ne-sais-plus-trop quel principe stupide.
Bush à Montréal
Un peu après 13h00, les policiers ont décidé de réouvrir la rue. Les manifestant-e-s se sont alors dégonflé-e-s, le crachin les ayant trempé-e-s jusqu'aux os. Un peu avant que nous soyions définitivement refoulé-e-s sur le trottoir, un policier a bien essayé de déclencher les hostilités en bousculant une petite jeune femme qui passait en vélo sans raison apparente; mais quand il a vu les kodaks pointés dans sa direction, il a abandonné sa proie.

Les flics ont également apporté des chiens et des chevaux pour nous intimider. Les maîtres canins ont reçu des souliers dans la gueule en guise de réponse à cette menace.
mardi 20 octobre 2009
L'état de nos rues.
J'ai regardé le débat entre les candidat-e-s à la Mairie de Montréal à Radio-Canada. Un vrai foutoir, un rendez-vous manqué. Bergeron, de Projet Montréal, a décidé d'adopter la rhétorique d'un adéquiste qui serait écoeurant de pureté, se présentant comme l'adversaire des "vieux partis". Pas impressionnant. Quant aux deux autres, ils jouaient au jeu de la pomme la plus pourrite, s'accusant mutuellement d'être le/la plus corrompu-e.
En ce qui me concerne, je viens de me rendre compte que je ne suis même pas inscrit sur la liste électorale. Oui, je sais, ça fait dur. Faut croire que je suis tellement habitué à ne plus voter que je ne prends même plus la peine de vérifier si j'en ai encore le droit.
Pourtant, l'autre jour, je me suis dit que voter aux élections municipales ne serait pas si immoral que ça. Élire des délégué-e-s pour s'occuper de l'état des routes sur un très petit territoire comme une municipalité me semblait pas a priori encourager un système répressif. Mais la corruption est si grande, et le pouvoir de la Ville de Montréal nous écrase tellement qu'il me devient impossible de cautionner une telle institution.
La réaction des médias devant les histoires de crime organisé et de contributions anonymes est cependant très amusante. Certain de tenir un scoop, on annonce que la mafia, les partis politiques, les syndicats et les hommes d'affaires seraient liés par de très édi-fientes amitiés. Tiens tiens...
Et dire que les journalistes font mine d'être étonné-e-s.
Et dire qu'ils ont été étonné-e-s aussi de voir des jeunes péter des vitrines le 15 mars dernier.
Ramasser des éclats de verre: 200$.
Réprimer le peuple: 10 000$
Ignorer la collusion dans l'attribution des contrats: ça n'a pas de prix.
Dommage que les gens aient peur ou ne soient intéressé-e-s qu'à leur bonheur illusoire de consommateurs abusés. Les bouttes d'asphalte décollés du pavé voleraient. En veux-tu du nid-de-poule en vlà.
jeudi 15 octobre 2009
lundi 12 octobre 2009
Hommage à Falardeau au Lion d'Or: "Nous vaincrons!"
"Nous vaincrons", c'est l'éternel slogan des très bruyants jeunes du RRQ, qui selon moi ne sonne pas aussi bien que "On va les avouère!" et qui en plus d'être trop pompeux à mon goût a été sur-utilisé au cours de la soirée d'hommage à Falardeau au Lion d'Or. Soirée très peuplée d'ailleurs (peut-être 370 personnes dans cette salle de 300 places) et en gros pas du tout minable, bien que certains discours, trop longs et/ou peu originaux aient été légèrement ennuyants ou carrément épeurants (quand un révolutionnaire quelconque tint à peu près ce discours: "On les a avertis que s'ils s'attaquent à la mémoire de Falardeau, il vont se rendre compte qu'ils se sont attaqués à plus fort qu'eux! On les a avertis!", les hurlements fanatiques de la moitié droite de la salle m'ont fait un peu paniquer).
Le seul moment vraiment intéressant de la première partie fut ce numéro très senti de la flûtiste-poète accompagnée d'un pianiste: j'en suis presque tombé en bas de ma chaise. Il faut bien accorder ça au mouvement indépendantiste: il recrute de bon-ne-s artistes polyvalent-e-s qui offrent des performances de très grande qualité et d'une diversité infinie. (Le numéro en question suivait le témoignage très ordinaire du très ordinaire Patrick Bourgeois[1], bruyamment accueilli par ses amis - les petits révolutionnaires de terrains de jeu du RRQ.) Le poème intitulé "J'ai oublié" était d'une longueur appréciable et rythmé - c'était pas un haïku de coin de comptoir - et le morceau de flûte très complexe (du Doppler). L'ambiance musicale et visuelle était également très bien choisie: bref, il a bénéficié d'une mise en scène vraiment géniale pour un spectacle organisé à la dernière minute.
Notons quand même la performance plus qu'acceptable de Jules Falardeau, le fils de l'autre, qui a rappé avec son copain "Le Paysan". Il avait un bon flot. Le beat et les paroles étaient très recherchés aussi.
La deuxième partie a été plus que correcte, avec l'interprétation très réussie du Screw, une des chansons entendues dans le film Le Party et qui a été composée par Richard Desjardins. Loco Locass a été par contre franchement plate (mais où est donc passé Chafiik?) avec l'interprétation de "La Censure pour l'échafaud" et "Les Géants". "La Censure pour l'échafaud" n'est pas une mauvaise toune (surtout qu'elle fait référence, avec un jeu de mots, au film de Louis Malle), mais "Les Géants" est un des pires textes que j'ai entendus de ma vie: c'est une gaffe de la Saint-Jean qui a souffert d'over-exposure.
Paul Piché a toutefois été très entraînant et le témoignage de Luc Picard, qui clôturait l'évènement, était émouvant. Ce qui devait suivre fut cependant un peu étrange: l'animateur de la soirée qui conclut simplement par "C'est un bel hommage" et l'ovation debout devant un poster de Falardeau accroché au plafond de la scène.
En bref, le show a certes duré un peu trop longtemps, ce qui fait que le public commençait à devenir plus éméché que respectueux vers la fin, mais il nous a permis quelques belles découvertes et, bien entendu, a permis aux spectateurs et spectatrices de connaître l'entourage de Falardeau.
______
[1] Le gars qui voit des "fédéraleux crissement débiles" partout.
dimanche 11 octobre 2009
Hommage à Falardeau - Lion d'or
Je serai présent au Lion d'Or ce soir pour assister à l'hommage organisé à Montréal en souvenir du décès de Pierre Falardeau.
Loco Locass et Paul Piché, entre autres, performeront. Il paraît aussi que plusieurs séquences de films de Falardeau seront également projetées et que plusieurs textes seront lus par des personnalités connues. J'ai appris entre les branches que la soirée d'hommage a été préparée avec une générale technique seulement, ce qui fait que la présentation risque d'être assez conviviale.
Une flûtiste-poète a aussi été invitée par les organisateurs/trices de la soirée.
Mes raisons d'y être ne sont pas politiques (même si, comme je l'ai laissé entendre plus tôt, je reconnais une grande valeur à l'ensemble de l'oeuvre du cinéaste), mais comme certains numéros inédits en vaudront vraiment la peine, je ferai sans doute un retour là-dessus plus tard.
Libellés
- anarchie (13)
- arts et culture (4)
- brutalité policière (11)
- comment l'anarchie est-elle possible (5)
- conflit israélo-arabe (3)
- CSA (3)
- droite (9)
- environnement (2)
- féminisme (2)
- gauche (3)
- indépendance (5)
- introspection (8)
- loi et ordre (6)
- manifestation (14)
- manifeste (4)
- merde (2)
- militarisme (2)
- médias (4)
- nationalisme (7)
- nouvelle (1)
- opinion (4)
- Petit guide de l'extrême-gauche (3)
- politique (12)
- Premières nations (1)
- privatisations (3)
- Que-sont-mes-amis-devenus (3)
- racisme (6)
- religion (5)
- riches (3)
- santé (4)
- travail (3)
- tribulations (10)
- économie (3)
- éducation (1)
- élections (10)